Aurore, elle-même aveugle, et son mari Dominique, apportent depuis 23 ans leur soutien matériel et humain aux enfants du centre ophtalmologique de Thong Pong.
Pour Aurore Berthout, l’actualité en ce début d’automne, c’était ses dessins exposés au Café-ciné sur le cours Forbin. Lumineux, oniriques, elle les réalise au poinçon sur du matériel spécifique pour personnes non-voyantes. C’est en 1999, après son mariage, qu’elle s’est lancée dans le dessin à l’école d’arts plastiques de Gardanne.
Une maladie orpheline de naissance qui altère les oreilles, les os et les yeux lui a fait perdre la vue dès l’âge de 10 ans. Après une scolarité dans une école spécialisée à Clermont-Ferrand, elle poursuit ses études dans un lycée classique et obtient son bac. Direction Aix-en-Provence où elle étudie la psychologie.
Elle rencontre Dominique Berthout, avec qui elle s’installe à Gardanne et se marie. Aurore veut être utile ; son mari, futur professeur d’archéologie, très actif au sein d’associations, lui soumet l’idée d’en créer une. La lecture d’un article sur un internat d’enfants aveugles au Laos va déterminer son orientation : « C’est là-bas qu’il faut aller ! Au fait, c’est où le Laos ? », s’interroge-t-elle à l’époque.
Du matériel éducatif en braille expédié en quantité
Le 19 janvier 2000, ils créent l’Association franco-laotienne d’aide aux personnes aveugles (Aflapa), dont Aurore est la présidente. « Nous sommes partis à Thong Pong pour venir en aide à un hôpital ophtalmologique et l’internat pour enfants aveugles ou malvoyants Home of light qui en dépend », raconte Aurore.
L’établissement héberge une soixantaine d’enfants et jeunes adultes de milieux pauvres. Ils peuvent y dormir, manger, jouer et apprendre. « Nous leur avons fourni de tout, de la paire de tongs à l’ordinateur, mais nous avons vite compris qu’il fallait aussi intervenir sur le plan psychologique et éducatif. »
Pour tenir cette gageure, ils tissent des partenariats avec d’autres associations comme La Guilde européenne du Raid et font appel à des enseignants à la retraite. Pour permettre également aux enfants d’intégrer rapidement des établissements d’enseignement classiques, l’Aflapa expédie, en quantité, du matériel éducatif en braille.
Jusqu’en 2009, Aurore y fera plusieurs séjours.
Aujourd’hui, c’est Dominique Berthout, trésorier et coordinateur de l’association qui s’y rend une fois tous les deux ans, en alternance avec des partenaires et donateurs. « Les enfants grandissent et l’association aide les jeunes qui ont bénéficié de l’éducation de l’internat à se lancer dans la vie. Un des rares débouchés pour eux, ce sont les massages et nous les aidons à s’installer. Toutefois, nous aimerions qu’ils aient d’autres possibilités professionnelles », confie-t-il.
Le Laos touché très durement par l’inflation
L’association vit exclusivement du dévouement des bénévoles et de la contribution financière de ses donateurs et partenaires. Toutes ses actions nécessitent de plus en plus de moyens financiers, d’autant que l’inflation touche très durement le Laos.
Malgré ce constat, nos deux Gardannais ne renoncent pas et initient actuellement des actions de professionnalisation en soutenant financièrement deux jeunes adultes issus du centre. L’un va intégrer une école privée en qualité de professeur d’anglais et l’autre, doit rentrer à l’école des Beaux-Arts de Vientiane.
