Impacts sociaux et environnementaux du projet VNF

La Bassée est la plus grande zone humide d’Île-de-France. Ses 30 000 hectares sont traversés de méandres de la Seine, de forêts alluviales anciennes, de prairies humides et de marais, habitées par de centaines d’espèces autochtones.

Ce territoire, étendu sur 75km, rend de nombreux services écologiques en plus de revêtir une forte valeur patrimoniale. Plaine inondable, la capacité d’écrêtement des crues de la Bassée protège naturellement le bassin de la Seine.

banière

I - Une "cathédrale de biodiversité" mise en péril

Le projet se trouve à proximité immédiate de trois sites Natura 2000 : deux zones spéciales de conservation (ZSC) et une zone  de protection spéciale (ZPS).  Par ailleurs, plus d'une dizaine de zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristiques (Znieff) se trouvent aux alentours du projets.

Le projet de mise à grand gabarit implique de sacager une des plus grande zone humide de l'hexagone : le lit de la seine est creusé et élargit, un nouveau canal est construit à côté de l'ancien, un affluent -le Resson- est dérivé et 81,5 hectares de zones humides sont détruites (Avis du CS, 2025). Dites alors Au revoir aux libellules, aux papillons, aux chirptères et au corridor de biodiversité que représente la zone, tout cela pour que des péniches de 2 500t -inutilement grandes- puissent circuler, récupérer des céreales ou des gravats et gagner une dizaine de minutes. Oui, vous avez bien lu, une dizaine de minutes (Avis du CS, 2025).

Dans la Bassée, plus de 200 espèces sont protégées par la loi comme :

  • la cordulie à corps fin (libellule)
  • le cuivré des marais (papillon)
  • la vigne sauvage
  • le lépidure (crustacé vivant dans les mares temporaires)
  • la petite naïade

La biodiversité présente est "exceptionnelle et irremplaçable" (Avis du CS, 2025). Selon l'OFB, il est impossible de compenser de telles destructions, d'autant plus que les objectifs de compensation successifs sur le territoire se font à partir d'un "état de référence de plus en plus dégradé" (Contre-expertise, 2020).

Cordulie à corps fin - version petite

FOCUS SUR LA CORDULIE À CORPS FIN : 

Dans son plan de gestion, la réserve naturelle de la Bassée décrit l'habitat de cette libellule emblématique. Elle vit dans de "grands cours d'eau calmes avec rives arborées" et "semble apprécier les noues de la Seine" (Réserve Naturelle La Bassée, 2017). C'est cet habitat que le projet détruit en bétonisant et uniformisant la Seine. 

- Les Trésors de la Bassée -

II - Bassin versant, bassin servant : eau potable et innondations

Eau potable, hydrogéomorphologie et pollution de l'eau

Le cours naturel de l'eau, qui s'écoule au rythme des sols irréguliers et traverse la végétation, constitue le meilleur filtre pour l'eau que nous consommons. Puisque les chiffres parlent davantage, la Bassée fait économiser 2 500€/ha/an, du fait notamment des coûts en traitement de potabilisation évités, du pouvoir d'épuration des zones humides et de l'effet de prévention des innondations pour les collectivités en aval (Avis du CS, 2025). La mise à grand gabarit augmente ainsi les charges économiques pour les collectivités.

L' Avis du Conseil Scientifique de 2025 précise les conséquences sur l'eau :

  • Tout d'abord, la géomorphologie et le transport de sédiment sont occultés dans l'étude de VNF.  La géomorphologie, c'est la forme du cours d'eau, sa profondeur, sa largeur, la forme des lits. Le transport de sédiment, c'est des matériaux comme des pierres, du sable, qui se déplacent dans le fond des cours d'eau jusqu'à un lieu de stockage. Ci-dessous quelques explications en image.  

L'étude pourrait pourtant s'appuyer sur l'analyse rétrospective de la mise à grand gabarit de la Bassée dans les années 1970.  Les impacts sur l'érosion et le bilan sédimentaire sont "quasi immédiats et de longue durée" (Contre-expertise, 2020). Ce qui entraine des coûts cachés et questionne la prétendue neutralité du projet.

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© SMMAR. L’hydromorphologievers des cours d’eau plus naturels. 2022 Lien ici

1) EROSION : En amont, une zone de production de matériaux, l’eau arrache des matériaux par érosion.


2) TRANSFERT : Une zone intermédiaire de transfert où les matériaux ne font que passer.


3) STOCKAGE : En aval, une zone de dépôt où les matériaux se stockent quand les pentes s’adoucissent.

(SMMAR, 2022)

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© SMMAR. L’hydromorphologievers des cours d’eau plus naturels. 2022 Lien ici

  • Les écoulements en rivière et en nappe en est irrémédiablement modifié. La vitesse des écoulement est impactée. Ces deux éléments impactent nécessairement la qualité de l'eau, la biodiversité aquatique et la sensibilité vis-à-vis des crues.
  • "Le projet impacte 5 captages d'eau potable et plusieurs captages industriels" avec des risques à la fois qualitatif et quantitatif pour l'eau que nous consommons.

Crues et innondations

def. Bassin versant : zone naturelle où les précipitations et les eaux de ruissellement sont collectées pour se dirige ensuite vers un même point de sortie.

def. Zone humide : 

Les zones humides assurent des fonctions de :

  • Régulation hydraulique, ce sont des "éponges" naturelles, qui reçoivent, stockent et redistribuent l'eau
  • Amélioration de la qualité des eaux, ce sont des filtres naturels pour les bassins versants
  • Maintien d’un écosystème et d’une grande biodiversité, grâce aux conditions hydrologiques et chimiques des milieux.

Pour plus d'information : Centre de ressources des milieux humides

Le bassin de la Bassée protège naturellement les zones aval d'innondation grâce à sa capacité a absorber une partie des crues. La Bassée est une protection pour l'Île-de-France et la capitale : "La bassée [est une] plaine innondable contrôlant 25% du débit à Paris [...] ce qui équivaut à un barrage-réservoir s'agissant de la protection de l'agglomération parisienne contre les crues." (ANVL, 2009)

"Ce sera une autoroute à crues"

"En rectifiant les méandres de la Seine, l'eau sera moins retenue et il y aura plus d'innondations en aval. Ce sera une autoroute à crues" (CNDP, 2020).

Reméandrer nos cours d'eau

def. "Le reméandrage consiste à allonger le tracé et réduire la pente pour redonner au cours d’eau sa morphologie sinueuse et ses fonctionnalités" (Onema, 2010).

Depuis 30 ans, des reméandrages sont effectués aux quatre coins de la France pour pallier à l'artificialisation des cours d'eau qui impacte l'écoulement de nos fleuves et nos rivières (Onema, 2010). Les conséquences de ces artificialisations sont nombreuses : dégradation du fonctionnement naturel, accélération du cours d'eau, augmentation des risque de crues, impact sur la biodiversité, creusement du lit ou à l'inverse, accumulation de sédiments (particules solides telles que le sable, le gravier, l'argile). Pour remédier à ces nombreuses conséquences, des solutions basées sur la nature existe, comme le reméandrage.

Le projet de Soufflet de VNF "ne répond pas aux ambitions de la stratégie d'adaptation du bassin aux changement climatique" (Avis du CS, 2025).

III - Pollution de nos sols et de l'air (en cours de rédaction)

IV - Des alternatives plus cohérentes et soutenables existent déjà (en cours de rédaction)